A genoux dans Winnipeg
Guy Maddin, cinéaste = cas d'un hyper-créatif inspiré
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« Étrangement touchants, drôles et tout simplement fabuleux ! Si vous avez vraiment l'intention d'entreprendre un grand voyage dans le continuum temporel de l'espace cinématographique, sautez à bord de l'un des vaisseaux spatiaux de Maddin ». David Cronenberg
Guy Maddin, Canadien originaire de Winnipeg, est vraiment un cinéaste à part. Il a un style reconnaissable entre tous. Une esthétique et une technique très inspirées de Georges Méliès, des expressionnistes allemands, de l'avant-garde russe du début du XXème siècle. Très audacieux dans ses choix de narration (voix off, prologues, incrustations d'images et de textes), et stylistiques : il adore "abimer" l'image et le son. C'est un inventeur, il y a dans ses films des idées cinématographiques à la pelle.
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Son imaginaire est absolument unique, et tout autant les moyens qu'il utilise pour le mettre en images et en sons et en mots !!! On a conscience en voyant ses films, du fait que le cinéma PEUT être, a été et continuera à être UN ART. Guy Maddin est un créateur, un véritable artiste, qui se considère comme "un cinéaste enfantin réalisant des films pour adultes".
Son dernier opus "Winnipeg mon amour" est sorti fin 2009 et une rétrospective lui a été consacrée au Centre Georges Pompidou à Paris, du 15 octobre au 7 novembre.
Vous trouverez à la Bibliothèque du Finistère presque tous ses films : 6 DVD agrémentés de bonus très intéressants et de courts métrages.
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Contes de l'hôpital de Gimli : son premier long-métrage, une fantasmagorie "arty" dans un monde "islando-manitobéen" enneigé. Deux hommes se lient d'amitié puis se déchirent pour les beaux yeux d'une certaine Snjöfridur !
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Archangel : comprendre Arkhangelsk la ville russe. 1917. Un soldat canadien unijambiste, un aviateur belge et une infirmière tsariste en désherence, ont été gazés au gaz moutarde, ils ont tout oublié, même oublié qu'ils sont morts pour certains ! Seul compte : l'amour, mais ils ont oublié qui ils aiment !!!
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Careful : le seul film en couleur, mais quelle couleur, c'est travaillé et re-re-travaillé (au crayon de couleur, dirait-on !). Dans le village de Tolzbald (on pourrait être dans les Carpathes), tout le monde vit dans la terreur de déclencher une avalanche ! C'est dans une atmosphère feutrée qu'un drame oedipien se trame ! On dirait, euh..., une sorte d'opérette tyrolienne surréaliste revisitée par un disciple de Méliès influencé par les contes d'Hoffmann, puis revue et corrigée par un plasticien aux pouvoirs très spéciaux !
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Dracula : pages tirées du journal d'une vierge : entièrement muet. La rencontre entre Guy Maddin, Bram Stoker et Gustav Mahler. Un ballet filmé... Somptueux !
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The saddest music in the world : A Winnipeg, pendant la grande Dépression, une baronne lance le concours de la musique la plus triste du monde ! On a le plaisir d'y retrouver la sublime et lynchéenne Isabella Rossellini, impeccable et pour le coup maddinnéenne à souhait !
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Et les lâches s'agenouillent : la première de ses autobiographies, ou bien l'une des biographies imaginables, le dernier film de Maddin ("Winnipeg mon amour") en étant une autre possible. Dans les deux films, l'obsession du hockey (son père dirigeait effectivement l'équipe canadienne de hockey sur glace !), l'effroi que provoque chez lui la condition de fils. Enfin, il est bien difficile de s'essayer à résumer ce film, il faut l'expérimenter !!!
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Dans certains DVD, des bonus de choix : courts métrages (à ne pas manquer !), interviews.
Et enfin, en SUPER-BONUS de cette chronique, prenez le temps de suivre la master-class de Guy Maddin, qui eu lieu au Centre Georges Pompidou le 17 octobre 2009.
8 février 2010
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